Seuil des marchés publics à 75 000 euros : davantage de gestion des contrats

En Belgique, le seuil des marchés publics passe à une valeur estimée de 75 000 euros. Le 30 avril 2026, le Conseil des ministres belge a approuvé un avant-projet qui relève la limite applicable aux marchés de faible montant. Sous ce seuil, une facture acceptée suffira désormais et aucune procédure de passation formelle ne sera plus nécessaire. Cela ressemble à moins de paperasse. Mais une question demeure : si la Cour des comptes ou le conseil communal vous demande demain si vous en avez eu pour votre argent, pourrez-vous le démontrer ?

Plus le seuil de 75 000 euros est élevé, plus de contrats échappent à la passation formelle. Or ce sont précisément ces contrats qui exigent une gestion plus rigoureuse. Le filet de sécurité que constituait la procédure de passation, qui documentait tout, disparaît. Pour une organisation de régie qui pilote sur la valeur des contrats, le travail se déplace de l’attribution vers la gestion.

Qu’a décidé le Conseil des ministres sur le seuil des marchés publics de 75 000 euros ?

L’avant-projet relève la limite applicable aux « marchés de faible montant ». Si la valeur estimée reste inférieure à 75 000 euros, vous n’avez plus à suivre de procédure de passation formelle. Une facture acceptée suffit comme preuve de l’accord. Moins d’administration, une attribution plus rapide, moins de pression procédurale pour votre service.

Un point à ne pas confondre : ces 75 000 euros constituent un seuil belge pour les petits marchés. Le seuil européen souvent cité de 750 000 euros concerne les services sociaux et spécifiques. Le seuil européen pour les services ordinaires auprès des pouvoirs décentralisés s’élève, quant à lui, à 216 000 euros. Trois montants différents, trois contextes différents. Pour la pratique quotidienne d’une ville flamande disposant d’une multitude de petits contrats de services, c’est le seuil des marchés publics de 75 000 euros qui pèse le plus lourd.

Un seuil plus élevé signifie-t-il moins de justification ?

Non. Ce qui disparaît avec le relèvement du seuil des marchés publics, c’est la procédure formelle. Ce qui ne disparaît pas, c’est l’obligation de rendre des comptes. La Cour des comptes, l’audit interne et le conseil communal continuent de demander si l’argent public a été correctement dépensé et si le fournisseur a fourni la prestation convenue.

Dans un marché classique, la procédure elle-même constituait le dossier : cahier des charges, décision d’attribution, motivation. Ce dossier vous servait de filet de sécurité en cas de questions ultérieures. Sans procédure, vous devez organiser vous-même cette justification. Sinon, vous vous retrouvez démuni lorsqu’on vous demande : qu’avons-nous exactement convenu, et le fournisseur a-t-il livré ?

La solution ne réside pas dans le droit des marchés publics, mais dans ce qui se passe après la facture ou l’attribution. Vous devez rendre traçables les accords, les obligations et les prestations pour chaque contrat, même sans cahier des charges préalable. Celui qui ne s’en occupe qu’au moment d’une demande d’audit arrive trop tard.

Où les petits contrats disparaissent-ils discrètement du radar ?

Un grand marché reçoit de l’attention, un numéro de dossier et un responsable. Un marché de 40 000 euros pour l’entretien des espaces verts ou un petit contrat de nettoyage pour un seul site finit dans une boîte mail et un fichier Excel isolé. Trois mois plus tard, plus personne ne sait où se trouvent les accords.

Prenons une ville flamande de taille moyenne comptant trente petits contrats de services qui, en raison du seuil relevé, ne sont plus mis en concurrence. L’information est dispersée entre plusieurs services, boîtes mail et feuilles de calcul. Qu’est-ce qui peut mal tourner ?

  • Des contrats reconduits tacitement parce que personne n’a surveillé le délai de préavis.
  • Des indexations appliquées trop tard ou en double, parce que la formule d’indexation n’est centralisée nulle part.
  • Aucune visibilité sur la prestation : le fournisseur a-t-il livré la qualité convenue, ou payez-vous pour quelque chose qui n’est pas fait ?
  • Une perte de connaissances lors d’un changement de personnel, parce que tout se trouvait dans la tête d’un seul collaborateur.

Chacun de ces points coûte de l’argent ou de la crédibilité. Et lors d’un audit, cela coûte surtout du temps, car vous devez rassembler des informations qui ne sont centralisées nulle part. Pour les communes et les pouvoirs publics jugés sur leur capacité à rendre des comptes, il s’agit d’un poste de coût bien réel.

L’interdiction de scinder : un seuil plus élevé n’est pas un blanc-seing

Un seuil des marchés publics plus élevé pousse à la scission. Deux marchés de 40 000 euros donnent l’impression de rester « sous la limite », alors qu’ensemble ils forment un seul marché de 80 000 euros. C’est précisément ce que l’interdiction de scinder vise à empêcher. Vous devez additionner la valeur estimée des marchés similaires sur douze mois. Scinder artificiellement pour rester sous les 75 000 euros n’est pas autorisé.

Pour surveiller cela, vous avez besoin d’une vision cumulée de ce que vous dépensez auprès de fournisseurs et de catégories comparables. Sans aperçu centralisé de vos contrats en cours, vous pouvez scinder involontairement sans même vous en rendre compte. Et c’est exactement le type d’erreur qu’un audit repère. Le conseil est clair : ne commencez pas par une règle interne plus stricte, mais par un seul endroit où toutes les catégories sont visibles.

De l’attribution à la maîtrise : ce qu’un tableau de bord des contrats rend traçable

GRIP n’est pas une plateforme de passation de marchés et ne rédige pas de cahiers des charges. GRIP gère ce qui se passe après la facture ou l’attribution : le contenu du contrat. Pour les marchés qui, en raison du seuil relevé, ne passent plus par la procédure de passation, cela devient le seul dossier dont vous disposez.

Dans le Contract Dashboard, vous conservez pour chaque contrat ce qui a été convenu, les obligations en cours, la date d’indexation et la question de savoir si le fournisseur livre. Pas de fichier Excel isolé, pas de boîte mail, mais un seul endroit où vous pouvez démontrer la conformité à tout moment.

  • Accords et obligations centralisés, y compris pour les petits contrats sans cahier des charges.
  • Mesure des prestations par fournisseur : consignez si ce qui a été convenu a bien été livré.
  • Signaux automatiques pour les délais de préavis et les échéances d’indexation.
  • Vision cumulée des catégories et des fournisseurs, afin de respecter l’interdiction de scinder.

Les organisations qui abordent cela de manière structurée économisent en moyenne 30 % sur l’administration des contrats et environ 8 % par an sur les coûts contractuels. GRIP fonctionne selon la méthodologie CATS CM et est certifié ISO 27001, ce qui est important pour les organisations publiques dans le traitement des données contractuelles. Pour les communes et pouvoirs publics, c’est la différence entre chercher a posteriori et pouvoir démontrer à tout moment ce qui est en jeu.

Questions fréquentes

Quel est le nouveau seuil des marchés publics en Belgique ?

Le 30 avril 2026, le Conseil des ministres belge a approuvé un avant-projet qui relève le seuil des marchés de faible montant à une valeur estimée de 75 000 euros. Sous ce seuil, une facture acceptée suffit et aucune procédure de passation formelle n’est nécessaire.

Quelle est la différence entre le seuil de 75 000 et celui de 750 000 euros ?

Les 75 000 euros constituent un seuil belge pour les petits marchés de faible montant. Les 750 000 euros représentent un seuil européen pour les services sociaux et spécifiques. Pour les services ordinaires auprès des pouvoirs décentralisés s’applique en outre un seuil européen de 216 000 euros. Il s’agit de trois contextes différents que l’on confond souvent.

Dois-je encore rendre des comptes pour les marchés situés sous le seuil ?

Oui. La procédure formelle disparaît, mais l’obligation de rendre des comptes envers la Cour des comptes, l’audit interne et le conseil communal demeure. Vous devez toujours pouvoir démontrer ce qui a été convenu et si le fournisseur a livré. Cela requiert une gestion des contrats centralisée et traçable.

Qu’est-ce que l’interdiction de scinder dans les marchés publics ?

L’interdiction de scinder interdit de fractionner artificiellement un marché pour rester sous le seuil. Vous devez additionner la valeur estimée des marchés similaires sur douze mois. Une vision cumulée de vos contrats aide à éviter cette scission involontaire.

GRIP est-il une plateforme de passation de marchés ?

Non. GRIP ne rédige pas de cahiers des charges et ne mène pas de procédures de passation. GRIP gère ce qui se passe après la facture ou l’attribution : les accords, les obligations, les prestations et les indexations par contrat. C’est un complément à vos systèmes existants, pas un remplacement de votre processus de passation.

Comment garder une vue d’ensemble sur de nombreux petits contrats ?

En consignant tous les contrats de manière centralisée plutôt que dans des fichiers Excel isolés et des boîtes mail. Un Contract Dashboard donne, pour chaque contrat, une vision de la durée, de l’indexation, des obligations et des prestations, avec des signaux pour les délais de préavis et les échéances d’indexation. Vous continuez ainsi à rendre des comptes sans dossier de passation comme filet de sécurité.

Quand le seuil relevé entre-t-il en vigueur ?

Il s’agit d’un avant-projet approuvé par le Conseil des ministres le 30 avril 2026. L’entrée en vigueur effective dépend de la suite du processus législatif. N’attendez pas ce moment pour mettre de l’ordre dans votre gestion des contrats : les petits contrats de services exigent dès maintenant une vue d’ensemble centralisée.

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