Durée de l’accord-cadre dans un marché public : de 4 à 5 ans

La durée maximale d’un accord-cadre dans un marché public passera peut-être de quatre à cinq ans. Le 10 juillet 2026, le projet de règlement européen sur les marchés publics a fuité, relevant la limite pour les accords-cadres conclus avec plusieurs opérateurs économiques. La présentation officielle est prévue pour le 9 septembre 2026. Il s’agit encore d’un projet, et non d’un droit en vigueur : rien ne change aujourd’hui pour vos contrats en cours.

Pour la durée d’un accord-cadre dans un marché public, une année supplémentaire signifie un engagement plus long, et donc une année de plus durant laquelle les prestations peuvent se dégrader sans moment naturel de correction. Ceux qui se lieront prochainement à un prestataire pour cinq ans ont tout intérêt à mettre dès maintenant en ordre le pilotage des prestations et de l’indexation.

De 4 à 5 ans : qu’est-ce qui change pour la durée ?

Le projet de règlement fait passer la durée maximale des accords-cadres conclus avec plusieurs opérateurs économiques de quatre à cinq ans. La fuite date du 10 juillet 2026, la présentation officielle est prévue pour le 9 septembre 2026. Un processus législatif européen complet suivra ensuite. Ne comptez donc pas sur le fait que cinq ans devienne la norme dès demain.

La direction n’en reste pas moins claire. Bruxelles opte pour une charge administrative réduite et davantage de continuité avec les prestataires. Pour les acheteurs, cela paraît attrayant. Pour le gestionnaire de contrat qui devra vivre avec pendant cinq ans, le risque se déplace vers la phase de gestion.

Comment fonctionne la règle de durée d’un accord-cadre aujourd’hui ?

La règle de principe aux Pays-Bas et en Belgique est aujourd’hui de quatre ans maximum. Une durée plus longue n’est possible que moyennant une motivation solide. Pour les marchés de secteurs spéciaux, la loi néerlandaise sur les marchés publics de 2012 prévoit une exception jusqu’à huit ans. Cette limite vaut pour l’accord-cadre lui-même, et non automatiquement pour tout ce qui en découle.

C’est là que naît beaucoup de confusion. Un accord-cadre et un marché subséquent ne sont pas la même chose. Vous pouvez attribuer des marchés subséquents jusqu’au dernier jour de la durée, et ces marchés peuvent ensuite se poursuivre normalement. Un marché de nettoyage que vous attribuez le dernier jour valable peut donc encore courir pendant des années. Une durée plus longue de l’accord-cadre amplifie cet effet. Attention toutefois : un accord-cadre n’offre aucune garantie de commande. Vous ne vous engagez pas sur un volume minimum, sauf convention explicite.

Engagement plus long, risque accru de perte de performance

Une année de durée supplémentaire semble anodine. Dans la pratique, trois risques s’accumulent.

  • Davantage de moments d’indexation. Avec une hausse annuelle de 3 à 4 pour cent, une cinquième année pèse lourd. Sans accords d’indexation clairs, la valeur du contrat augmente plus vite que vous ne le pensez.
  • Une période plus longue sans nouvelle mise en concurrence. La nouvelle mise en concurrence est souvent le seul moment naturel pour recalibrer les prestations. Vous repoussez ce moment d’une année.
  • Des prestations qui se dégradent. Un prestataire dont les prestations sont insuffisantes en troisième année, vous le gardez à bord une année de plus si vous ne pilotez pas activement.

Prenons une commune ayant conclu un accord-cadre de nettoyage pour 40 sites. Avec quatre ans, l’indexation intervenait quatre fois. Avec cinq ans, ce sera cinq fois. Si l’indexation est mal appliquée ne serait-ce qu’une seule année, vous passez à côté de l’économie moyenne de 8 pour cent qu’une gestion rigoureuse permet pourtant d’atteindre. Sur cinq ans et 40 sites, une telle erreur pèse lourd sur le budget.

Pourquoi le vrai problème se situe-t-il après l’attribution ?

Les acheteurs produisent un document volumineux et lancent le contrat sur le marché. Ensuite, celui-ci disparaît dans un dossier. Après deux ans, plus personne ne sait précisément ce qui a été convenu en matière d’indexation, de KPI ou d’options de reconduction. Lors d’un changement de personnel, cette connaissance disparaît complètement.

Cet écart entre la passation et la gestion se creuse à mesure que la durée s’allonge. La solution ne commence pas par un contrat plus strict, mais par un transfert structuré de l’achat vers la gestion des contrats et par des accords que vous pouvez suivre tout au long de la durée. Un contrat que vous ne surveillez pas activement ne se corrige pas de lui-même. Voyez également la différence entre l’administration des contrats et la gestion des contrats.

Cela rejoint la bascule vers l’organisation en mode pilotage. De plus en plus d’organisations pilotent sur les prestations plutôt que sur l’exécution. Un accord-cadre de cinq ans impose ce rôle de pilotage : vous ne corrigez pas une seule fois lors de la passation, mais en continu pendant toute la durée.

Que continuez-vous à surveiller avec une durée de cinq ans ?

Avec une durée plus longue, le suivi n’est plus un luxe mais une nécessité. Ces cinq points doivent figurer sur votre tableau de bord, et non dans votre tête ou dans un Excel que plus personne n’ouvre.

  • Les prestations SLA et KPI par prestataire et par site, mesurées dans le temps.
  • Les moments d’indexation et la question de savoir si les pourcentages appliqués correspondent bien à l’accord.
  • Les actions en cours et récurrentes issues du contrat.
  • La valeur du contrat par rapport au plafond convenu. Un dépassement passé inaperçu entraîne un risque juridique.
  • Les options de reconduction et les délais de préavis, afin de ne pas vous retrouver involontairement lié une année de plus.

Dans le Contract Dashboard de GRIP, ces points sont au centre. Les prestations, l’indexation et les actions restent visibles sur toute la durée, même après un changement de personnel. GRIP constitue la couche de profondeur sous votre ERP : il gère le contenu des contrats externalisés que AFAS ou Spendcloud n’enregistrent pas. GRIP fonctionne selon la méthodologie CATS CM et est certifié ISO 27001 et ISO 9001, ce qui est pertinent pour les organisations du secteur public soumises à des exigences élevées en matière de reddition de comptes.

Questions fréquentes sur la durée d’un accord-cadre

Quelle est la durée maximale d’un accord-cadre ?
La règle de principe aux Pays-Bas et en Belgique est actuellement de quatre ans maximum, avec une exception jusqu’à huit ans pour les marchés de secteurs spéciaux. Le projet de règlement européen sur les marchés publics du 10 juillet 2026 vise à relever la limite pour les accords-cadres conclus avec plusieurs opérateurs économiques à cinq ans. Ce n’est pas encore un droit en vigueur.

Quand la nouvelle durée de cinq ans entre-t-elle en vigueur ?
La présentation officielle du projet de règlement est prévue pour le 9 septembre 2026. Un processus législatif européen suivra ensuite. Aucune date d’entrée en vigueur n’est donc connue et vos contrats en cours n’en sont pas affectés.

Un marché subséquent peut-il se poursuivre après la fin de l’accord-cadre ?
Oui. Vous pouvez attribuer des marchés subséquents jusqu’au dernier jour de la durée, et ces marchés peuvent ensuite se poursuivre. La fin de l’accord-cadre ne signifie pas automatiquement la fin de tous les marchés subséquents en cours.

Un accord-cadre offre-t-il une garantie de commande ?
Non. Un accord-cadre fixe les conditions, mais ne vous oblige pas à une commande minimale. Si vous souhaitez garantir un volume, vous devez le convenir explicitement.

Pourquoi une durée plus longue représente-t-elle un risque pour la gestion des contrats ?
Une durée plus longue implique davantage de moments d’indexation, une période plus longue sans nouvelle mise en concurrence comme moment de correction et plus de place pour une dégradation des prestations. Sans pilotage actif, la valeur du contrat augmente et la qualité diminue.

Comment garder la maîtrise d’un accord-cadre de cinq ans ?
En surveillant les prestations SLA, l’indexation, les actions en cours, le plafond de la valeur du contrat et les moments de reconduction tout au long de la durée. Un tableau de bord contractuel maintient ces informations centralisées et à jour, même lors d’un changement de personnel.

La durée plus longue s’applique-t-elle aussi à un accord-cadre conclu avec un seul opérateur économique ?
Le projet de règlement porte sur les accords-cadres conclus avec plusieurs opérateurs économiques. Pour les accords conclus avec un seul opérateur, l’obligation de motivation existante pour une durée supérieure à quatre ans reste le point de départ.

Commencez dès maintenant à inventorier votre portefeuille : quelles dates de fin, quelles options de reconduction et quels moments d’indexation interviennent, et quand ? Découvrez comment GRIP résout cela et gardez la maîtrise de vos accords-cadres à long terme.

Retour en haut